Van et camping-car
Un camping-car de location coûte entre 900 et 1 400 € la semaine en haute saison italienne. À ce prix, la question n'est pas de savoir si le voyage sera beau : c'est de savoir où vous aurez le droit de vous arrêter le soir, et ce que l'Italie ajoutera à la facture pendant que vous roulez.
L'Italie est le pays européen où la différence entre « stationner » et « camper » est écrite noir sur blanc dans la loi, avec trois conditions précises. Beaucoup de voyageurs les franchissent sans le savoir, simplement en sortant une table.
Cette page dit ce que dit le texte italien, article par article, ce que ça coûte quand on se trompe, et si votre voyage se fait mieux en camping-car, en van ou avec une voiture.
L'essentiel en 30 secondes
La réponse tient dans un seul texte, l'article 185 du code de la route italien, intitulé « Circulation et stationnement des auto-caravanes », dans sa version en vigueur depuis le 15 janvier 2021.
Son deuxième alinéa dit que le stationnement d'une auto-caravane, là où il est autorisé, ne constitue pas du camping si trois conditions sont réunies :
Les trois comptent ensemble. Il suffit d'en manquer une pour que le stationnement devienne un campement, et un campement hors terrain prévu se sanctionne.
Les vérins. Dès qu'ils touchent le sol, le véhicule ne repose plus seulement sur ses roues. C'est la première condition qui tombe, et c'est celle que les voyageurs franchissent le plus facilement, souvent pour mettre le frigo d'aplomb.
L'auvent. Déployé, il fait occuper plus de place que l'encombrement du véhicule. Troisième condition perdue.
Les cales, la table, les chaises, le tapis de sol. Même mécanique : tout ce qui sort et se pose au sol change la nature juridique de l'arrêt.
Une eau qui coule. Un tuyau d'évier qui goutte sous le véhicule suffit à faire tomber la deuxième condition.
La conséquence pratique est simple à retenir : la nuit se passe portes fermées, tout rentré. Le camping commence le matin, sur un terrain qui l'autorise.
C'est le fait le moins connu et le plus coûteux, et il n'est pas local : il est dans le même article 185, troisième alinéa.
Sur un stationnement ou un parking payant, les auto-caravanes se voient appliquer des tarifs majorés de 50 % par rapport à ceux pratiqués pour les voitures sur des parkings analogues de la même zone.
Ce n'est pas une décision de commune et ce n'est pas négociable au guichet. Sur un séjour de deux semaines avec cinq nuits en parking urbain à 15 € la nuit pour une voiture, la majoration représente 37,50 € que personne n'avait mis dans le budget.
C'est aussi un argument concret en faveur des aires équipées, les aree di sosta attrezzate, dont l'article 185 prévoit lui-même l'existence et la signalisation à son septième alinéa.
Les quatrième et cinquième alinéas interdisent de vider les résidus organiques et les eaux claires et usées sur les routes et les aires publiques, hors installation sanitaire prévue à cet effet.
Le sixième alinéa donne la fourchette : de 87 € à 344 €.
L'interdiction vise aussi les autres véhicules équipés d'un réservoir de récupération, donc un van aménagé avec un simple bidon d'eaux grises tombe dessous. Vider un jerrican dans une bouche d'égout de village n'est pas une zone grise : c'est la même infraction.
Les ZTL, zone a traffico limitato, sont ces centres historiques où seuls les résidents et les ayants droit entrent aux heures affichées. Les caméras relèvent la plaque, et l'amende arrive par courrier, parfois des mois plus tard, une fois par franchissement.
Beaucoup de voyageurs supposent qu'un véhicule étranger échappe au dispositif, ou qu'un camping-car relève d'un régime particulier. Le premier alinéa de l'article 185 répond : pour les interdictions et limitations des articles 6 et 7 du code, les auto-caravanes sont soumises au même régime que les autres véhicules.
Autrement dit, aucune dérogation, et la plaque étrangère ne protège de rien. Un camping-car mesure entre six et sept mètres, ce qui rend la marche arrière difficile dans une ruelle : le franchissement se fait souvent parce qu'il est plus facile d'avancer que de reculer.
Ce que ça coûte est écrit à l'article 7, alinéa 13, du même code : quiconque ne respecte pas une mesure de suspension ou d'interdiction de circulation encourt une sanction administrative de 87 € à 344 €. C'est la même fourchette que pour une vidange sauvage, et elle s'applique à chaque franchissement relevé par une caméra, pas une fois par séjour.
La parade est d'arrêter le véhicule avant le centre, sur une aire ou un parking périphérique, et de finir à pied ou en transport public.
L'article 142 du code de la route italien fixe les limites générales : 130 km/h sur autoroute, 110 sur voie rapide, 90 sur route secondaire, 50 en agglomération. En cas de précipitations, quelle qu'en soit la nature, l'autoroute tombe à 110 et la voie rapide à 90.
Mais son troisième alinéa prévoit des limites propres à certaines catégories. Les véhicules destinés au transport de choses ou à d'autres usages, d'une masse totale en charge supérieure à 3,5 tonnes et jusqu'à 12 tonnes, sont limités à :
Une auto-caravane relève de cette catégorie des autres usages. Le seuil de 3,5 tonnes est donc la ligne de partage, et il n'est pas théorique : beaucoup de modèles de location de six mètres et plus sont homologués juste au-dessus, tandis que les vans aménagés restent en dessous.
Regardez la masse en charge sur la carte grise du véhicule loué avant de partir, pas sa longueur. Deux véhicules de taille voisine peuvent ne pas rouler à la même vitesse légale.
À noter pour ceux qui tractent : une voiture attelée d'une caravane est limitée à 70 km/h hors agglomération et 80 km/h sur autoroute, soit moins qu'un camping-car lourd.
Le seuil de 3,5 tonnes existe aussi de l'autre côté de la Méditerranée, mais pas avec les mêmes chiffres : en Espagne, un camping-car lourd tombe à 90 km/h sur autoroute, contre 100 en Italie.
Ce seuil n'a rien d'universel en Europe. La Norvège l'écarte purement et simplement pour les véhicules homologués en catégorie M1, ce qui couvre presque tous les camping-cars : là-bas, un camping-car de 4,5 tonnes suit la vitesse affichée et non une limite de poids.
C'est la question que personne ne pose franchement, et la réponse n'est pas la même selon le voyage.
Le camping-car gagne quand vous bougez souvent et que vous dormez hors des villes. Les lacs du Nord, les Dolomites, la côte toscane hors saison, la Sardaigne intérieure. Vous économisez l'hébergement chaque nuit, vous ne refaites pas les valises, et les aires équipées italiennes sont nombreuses et bon marché.
La voiture gagne dès que le voyage est urbain. Rome, Florence, Naples, Venise, Bologne sont précisément les villes où les ZTL sont les plus étendues, où le stationnement payant vous coûte 50 % de plus, et où un véhicule de sept mètres devient un problème à chaque manœuvre. Un séjour à dominante culturelle se fait mieux en voiture compacte, avec des hôtels réservés.
Le van aménagé est le compromis réel. Sous 3,5 tonnes, donc aux vitesses d'une voiture. Assez court pour se garer sur une place normale. Moins autonome en eau et en couchage, mais il ouvre les villes moyennes que le camping-car ferme.
La règle qui résume : comptez vos nuits en ville. Au-delà de trois ou quatre sur deux semaines, le camping-car vous coûte plus cher qu'il ne vous fait économiser.
Louer sur place évite deux jours de route à l'aller et autant au retour, et vous prenez un véhicule immatriculé en Italie, ce qui simplifie les contrôles.
Les points à vérifier avant de réserver, dans l'ordre où ils coûtent :
Oui, là où le stationnement est autorisé, à condition de rester en stationnement et non en camping. L'article 185 du code de la route italien pose trois conditions cumulatives : le véhicule ne repose au sol que par ses roues, il n'émet aucun écoulement, il ne dépasse pas son encombrement.
Partout où le stationnement n'est pas interdit, plus sur les aires équipées prévues par le septième alinéa de l'article 185, qui disposent d'une signalisation dédiée et d'installations de vidange. Les centres historiques en ZTL sont fermés sans dérogation.
Elle tient principalement dans l'article 185 du code de la route pour le stationnement et la vidange, et dans l'article 142 pour les vitesses. Un camping-car y est traité comme les autres véhicules pour toutes les interdictions de circulation, ZTL comprises.
Oui. Le troisième alinéa de l'article 185 prévoit des tarifs majorés de 50 % pour les auto-caravanes sur les stationnements et parkings payants, par rapport aux voitures sur des parkings analogues de la zone.
En dessous de 3,5 tonnes, les limites générales s'appliquent : 130 km/h sur autoroute, 110 sur voie rapide, 90 sur route secondaire. Au-dessus de 3,5 tonnes et jusqu'à 12 tonnes, c'est 100 km/h sur autoroute et 80 hors agglomération.
Une sanction administrative de 87 € à 344 €, prévue au sixième alinéa de l'article 185. L'interdiction vaut aussi pour les vans et les fourgons équipés d'un réservoir de récupération.
Non, sauf dérogation individuelle comme pour n'importe quel véhicule. Le premier alinéa de l'article 185 renvoie explicitement au régime commun des articles 6 et 7 du code, qui fondent les ZTL.
Le van s'il y a des villes dans le voyage : il reste sous 3,5 tonnes, se gare sur une place normale et entre là où un sept mètres ne passe pas. Le camping-car si vous dormez hors des villes et que vous bougez peu, pour le confort et l'autonomie.